1 févr. 2012

Sénégal: Quand le pouvoir est sucré!!

Il y'a des pays que l'on respecte pour leur développement, certains pour leur richesse, d'autres pour leur dirigeant. J'ai toujours admiré le Sénégal pour la qualité de ses dirigeants.
Ce pays a eu à sa tête Sedar Senghor, l'un des pères de la négritude, l'un des premiers qui a dit aux noirs, arrêtez de vous plaindre, revenez à vos racines et valorisez les. Ce pays a eu à sa tête Abdou Diouf, qui aujourd'hui dirige la francophonie. Ce pays a vu arriver à sa tête, par les urnes, l'opposant de longue date Abdoulaye Wade.
Pourquoi ce dernier veut-il ternir la belle image que l'on a(vait) de ce pays?? Pourquoi n'entend-t-on parler du Sénégal qu'en mauvais terme ces derniers temps?


Les premiers bruits concernant la prochaine élection présidentielle ont commencé lorsque ce cher Youssou Ndour a annoncé sa candidature. On lui reconnaît le talent de grand musicien et de représentant de la culture sénégalaise mais on se demandait à juste titre POURQUOI.
La politique n'est pas un jeu et je m'applique très souvent à le dire, c'est d'abord une histoire de passion. Ne dirige pas un pays qui veut. Chacun de nous, dans son fauteuil, s'imagine à la tête de son pays ou d'un autre prenant les meilleures décisions pour son développement. La vie n'est pas aussi facile sachez-le, c'est une science et la plus belle volonté du monde ne fait pas de vous un politicien.
Passons, je vous ferais ma leçon sur ma vision de la politique une autre fois...


La candidature de notre ami Youssou Ndour, ayant été refusé, on attendait de voir à quoi allait ressembler la liste finale des candidats quand *horreur! stupeur! frayeur!* Abdoulaye Wade décida d'annoncer sa candidature. Jusque là vous n'y voyez pas de mal... Sans doute parce que vous ne savez pas que la constitution le lui interdit!!


Je n'ai jamais vraiment aimé Wade, sa tête n'aide pas beaucoup, me direz vous. Ce monsieur n'attire pas la sympathie mais on ne peut pas juger un politicien sur son physique. Ce monsieur s'est battu pour gagner les rennes de son pays par les urnes et je le respecte pour ça. Peu d'oppositions dans nos pays font leur travail, peu d'opposants font entendre leurs voix (pour dire des choses sensées). Je respecte d'autant plus ceux qui y arrivent.
Cependant, j'ai souvent pensé et ce, dès le début de son mandat, qu'il continuait à se comporter en opposant, à se battre contre un ennemi imaginaire (vu qu'il était devenu le pouvoir). J'ai eu tendance à penser que le pouvoir l'avait surpris.
Aujourd'hui, on ne peut que dire une chose, c'est qu'il y a pris goût à ce pouvoir!!


Revenons à cette histoire de constitution. Abdoulaye Wade l'a fait voter lui même en 2001 par référendum après son accession au pouvoir (2000): DEUX MANDATS DE CINQ ANS NON RENOUVELABLES. En 2008, il rallonge les mandats à sept ans, pour ensuite proposer de baisser le pourcentage de voix nécessaires à une élection. Comment??? Comme on dit chez moi, le pouvoir est sucré!!!! 
Combien sont montés à la tête de leurs pays avec les plus belles intentions?? Combien ont su partir quand il en était encore temps?? L'amour du pouvoir est-il plus fort que l'amour du peuple??


Non, non et non! C'est déjà assez que vous imposiez à votre peuple, votre fils! Non, à 86ans (fusse-t-il votre vrai âge), sortez la tête haute!! On me dira que du côté de mon pays, ce n'est pas mieux mais ça ne m'empêche pas de m'indigner quand je vois un peuple aussi pacifiste que le vôtre gronder et marcher dans les rues.


Il est inadmissible d'avoir batailler autant que vous (quatre élections présidentielles) pour arriver au pouvoir par les urnes, d'avoir fait miroiter au peuple le changement, de n'avoir pas pu tenir ses promesses jusqu'au bout et de vouloir se maintenir au pouvoir!!!


Pourquoi les présidents africains aiment-il mourir au pouvoir?? Pourquoi le coup d'état reste-t-il encore la forme d'alternance la plus répandue?? 


Ça me choque et ça me révolte de voir une fois de plus les yeux du monde tournés vers notre continent pour ce genre de conneries. M. Wade, bravo!!! Vous avez amené la violence dans vos rues, vous êtes entrain d'ouvrir cette petite porte, que dis-je, ce trou de souris par lequel vous sortirez de la scène politique.


Le pouvoir rend fou ou comment l'Afrique paie le prix de la mégalomanie de certains.

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